Pêche au « TOC »

Technique reine sur le territoire pyrénéen dont elle porte le nom, la pêche au toc consiste, via une ligne plombée, à proposer à la truite ou plus généralement aux salmonidés qui s’alimentent proche du fond, un appât naturel comme le ver de terre ou les larves et invertébrés aquatiques. Le « toc » lui vient de la sensation que vous ressentez dans les doigts et le bras quand la truite se saisit de l’appât et crée une tension.

Deux manières de pêcher au toc sont à distinguer : La pêche amont / La pêche aval

Outre le matériel qui diffère et l’action de pêche en elle-même, la principale différence se fait dans l’approche et la progression : la pêche amont s’exécute en remontant le cours d’eau dans de petits milieux en général, alors que la pêche aval se pratique sur des rivières plus larges et en descendant. Il ne s’agit pas d’une règle absolue et il est utile parfois de savoir faire les deux. Pour autant, une constante vaut pour les deux pratiques : le ferrage à la touche. L’idée étant de piquer la truite au bord des lèvres dès qu’elle se saisit de l’appât pour éviter que l’hameçon, et donc l’appât, ne soient engamés.

La pêche amont dite pêche au « TOC » :

C’est une pêche en remontant le courant. Typiquement faite pour pêcher de petites rivières, de petits cours d’eau, des ruisseaux, des torrents de montagne, elle est pour moi la définition de la pêche sportive tant il s’agit de pêcher des coups relativement marqués et de ce fait abattre de longues distances sur une journée de pêche. Sont à privilégier : les berges (creuses), chutes et cascades, les gros blocs ou encore la végétation rasante pour ne citer que ces quelques exemples… En somme, tout ce qui peut représenter une cache pour la truite. Élément majeur dans la progression au vu des petits milieux en général pêchés, la discrétion sera la clé de votre réussite. Il n’est pas rare d’avoir à se mettre à 4 pattes ou ramper sur un rocher pour déjouer la vigilance d’une truite.

Pierre Adrien Gineste, guide de pêche dans les Pyrénées

La pêche aval dite pêche en dérive ou encore « TOC Pyrénéen » :

Pierre Adrien Gineste, guide de pêche dans les Pyrénées

C’est une pêche en descendant le courant de moyennes et grandes rivières comme les gaves. Les coups à pêcher peuvent paraître moins marqués, mais il s’agit en fait d’une toute autre lecture de la rivière. Veine principale, porteuse, contre ou radier par exemple sont des termes avec lesquels il faut se familiariser pour saisir tout l’intérêt et la façon d’aborder une dérive. Pour l’essentiel, une chose est à retenir : l’appât d’abord ! Lorsque vous réalisez une dérive, votre ligne doit toujours présenter l’appât avant la plombée. Position, angle, tenue de canne et tension sont d’autres facteurs à maitriser pour que la dérive soit la plus adaptée à l’instant T.

La pêche en nymphe au toc

Véritable phénomène depuis quelques années maintenant, empruntée aux moucheurs puis déclinée avec un matériel adapté pour réaliser de grandes dérives, elle se caractérise par sa régularité tout au long de la saison. Outre le fait de pêcher avec des imitations de larves et invertébrés aquatiques qui renvoient différents signaux (et pas forcément une copie conforme desdits insectes), elle offre un large choix de possibilités, pour un confort et une rapidité d’exécution non négligeables par rapport à d’autres techniques. L’ajout d’une potence bien positionnée permettra de solliciter des poissons placés différemment dans la couche d’eau ou simplement un choix différent, et multipliera les chances de prendre un poisson. Autre avantage, cette technique permet de passer de la pêche aux appâts à la pêche en nymphe en peu de temps en s’adaptant aux conditions de pêche en temps réel. Elle se pratique également très bien en pêche amont. Attention toutefois, il ne s’agit pas d’une technique « magique », dans certaines conditions, grosses eaux, eaux mâchées : elle s’avère totalement contre-productive

Pierre Adrien Gineste, guide de pêche dans les Pyrénées

Ma pratique de la pêche se veut responsable. Je respecte autant que possible un protocole personnel (pêche sans ardillons, gestion des combats raccourcis, faible exposition des poissons hors de l’eau) qui tend à stresser au minimum les poissons pêchés. Lors de mes stages, séjours et animations, les poissons seront systématiquement remis à l’eau : pratique du « NO-KILL ». Toutefois, il sera possible de garder quelques prises lors d’un bivouac en montagne pour partager un moment de convivialité autour d’un feu.